On t’a dit que les Juifs étaient tolérés au Maroc. La Constitution du Royaume dit autre chose.
- Amine Drissi Boutaybi

- il y a 1 jour
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Depuis 2011, la loi fondamentale marocaine nomme l’affluent hébraïque parmi les sources de l’identité nationale. Cinq constitutions l’avaient tu. La sixième l’a écrit. Voici ce que cela change pour toi.

On t’a raconté une petite histoire. Celle du Juif toléré. L’invité poli qu’un pays d’accueil laisse vivre à condition qu’il se tienne bien. Cette histoire est fausse, et il existe un texte pour le prouver.
Ouvre le préambule de la Constitution marocaine de 2011. L’identité du Royaume y est décrite comme forgée par ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, puis nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen. Le mot est là, noir sur blanc, dans le texte fondateur de l’État : hébraïque.
Ce mot n’a rien d’anodin. Les cinq constitutions précédentes, de 1962 à 1996, avaient toutes passé l’élément juif sous silence. Pendant des décennies, ta présence n’était pas niée, elle n’était simplement pas nommée. En 2011, elle est nommée. Elle entre dans la loi.
Alors mesure ce que cela veut dire pour toi. Tu n’es pas une parenthèse dans l’histoire du Maroc. Tu n’es pas une communauté que l’on héberge. Tu es un affluent d’un fleuve national, au même titre que l’andalou ou l’amazigh. Ton nom, ta grand-mère, ta langue, ton mellah : tout cela n’est pas à côté du Maroc. C’est dedans.
Cesse de porter ton identité comme une excuse. Porte-la comme un titre. Le Royaume l’a écrit avant toi.
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