Pourquoi tout un pays aime André Azoulay : ce que l’affection des Marocains pour un conseiller juif dit du Maroc.
- Amine Drissi Boutaybi

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Il n’est pas seulement conseiller du Roi. Il est aimé, au-delà des religions, par un peuple qui voit en lui l’essence de son pays. Voici pourquoi cette affection est un fait politique.

On peut mesurer un pays à ses lois. On peut aussi le mesurer à ses affections. Et il y a un fait que peu de nations pourraient revendiquer : au Maroc, un Juif est aimé par tout un peuple à majorité musulmane. Cet homme s’appelle André Azoulay.
Azoulay n’est pas seulement une personnalité. C’est une institution vivante. Conseiller de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, il fut déjà un conseiller clé sous le règne de Sa Majesté le Roi Hassan II. Son influence sur la politique et l’économie du Royaume est indéniable. Mais l’influence n’explique pas l’affection. On respecte un puissant. On ne l’aime pas forcément. Alors pourquoi les Marocains l’aiment-ils ?
Parce qu’il incarne l’essence même de leur pays. Le Maroc est une nation qui transforme les différences religieuses en atouts plutôt qu’en fractures. Azoulay en est la démonstration vivante. Juif marocain, il a passé sa vie à défendre le dialogue entre les fois, à rapprocher juifs, musulmans et chrétiens, au Maroc comme au dehors. Les Marocains ne l’aiment pas malgré sa judéité. Ils l’aiment aussi pour ce qu’elle prouve : que leur pays tient sa promesse.
Il y a ensuite l’homme d’action. Comme conseiller royal, Azoulay a contribué à faire du Maroc un carrefour économique de dimension mondiale, attirant les investisseurs sans jamais sacrifier l’identité ni les traditions du pays. Conjuguer l’ouverture et la fidélité à soi, c’est exactement ce que les Marocains attendent de leurs meilleurs serviteurs.
Il y a Essaouira, surtout. Sa ville natale s’est épanouie grâce à lui. Elle est devenue un symbole de tolérance et de patrimoine qui attire des visiteurs du monde entier. Le Printemps des Alizés, les Andalousies Atlantiques : ces festivals ne célèbrent pas seulement une musique, ils célèbrent une idée du Maroc, unie et diverse à la fois. Une ville entière est devenue le portrait d’un homme.
Il y a enfin l’ambassadeur. Partout où il passe, Azoulay défend la souveraineté du Maroc, son histoire et sa vision de paix, avec une constance que rien ne fait plier. Les Marocains ne l’aiment pas seulement pour ses réussites politiques ou économiques. Ils l’aiment parce qu’il incarne ce qu’ils ont de plus cher : l’unité, l’ouverture, et un amour du pays qui ne se négocie pas.
Voilà pourquoi cette affection n’est pas un détail sentimental. C’est un fait politique. Un peuple qui aime un Juif au point d’en faire un pilier de son histoire moderne dit, sans avoir à le proclamer, ce qu’il est vraiment. Le Maroc n’explique pas sa coexistence. Il l’aime.
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