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Un enfant de Casablanca est devenu le plus haut rabbin d'Israël

  • Photo du rédacteur: Amine Drissi Boutaybi
    Amine Drissi Boutaybi
  • il y a 2 heures
  • 2 min de lecture

Longtemps traitée de « primitive » par l'establishment ashkénaze, la tradition rabbinique marocaine s'est imposée au sommet de l'État juif avec Shlomo Amar, grand rabbin d'Israël de 2003 à 2013. Ta tradition n'a pas demandé sa place. Elle l'a prise.

Shlomo Amar

Il est né à Casablanca en 1948. Il a été formé dans les yeshivot marocaines, dans cette tradition rabbinique que d'autres regardaient de haut. Et en 2003, Shlomo Amar est devenu grand rabbin d'Israël, la plus haute autorité religieuse de l'État hébreu pour toutes les communautés non-ashkénazes. Il l'est resté dix ans.


Il faut mesurer ce que ce fait renverse. Pendant des décennies, l'establishment ashkénaze qui dominait les institutions religieuses israéliennes a qualifié la tradition marocaine de « primitive », d'« inférieure », de reliquat folklorique d'un judaïsme du Sud. Les Juifs marocains arrivés en Israël dans les années 1950 et 1960 ont été relégués, méprisés, orientés vers les marges. Et c'est de cette communauté, précisément, qu'est sorti l'homme placé au sommet de la hiérarchie religieuse du pays.


Ce n'était pas seulement une nomination. C'était une revanche. La tradition qu'on disait arriérée s'est assise sur le siège le plus élevé, non pas en se reniant, mais en restant elle-même. Amar n'a pas réussi malgré sa formation marocaine. Il a réussi grâce à elle, grâce à cette profondeur kabbalistique, cette rigueur halakhique et cette souplesse pratique qui font la singularité du rite marocain.


Car c'est le point à ne jamais oublier : Amar n'est pas un rabbin « séfarade » au sens vague du terme. Il est spécifiquement marocain. Le rite marocain est une branche à part entière du judaïsme mondial, distincte du rite ashkénaze comme du rite séfarade classique. Quand on parle du grand rabbin Shlomo Amar, on parle d'un Marocain, et c'est comme tel qu'il doit être reconnu.

Alors la prochaine fois qu'on te laissera entendre que ton héritage est secondaire, retiens ce nom. Un enfant de Casablanca a dirigé la vie religieuse de l'État juif. Ta tradition ne demande pas sa place. Elle l'a déjà prise.


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