top of page

Une amitié qui n'a pas commencé en 2020

  • Photo du rédacteur: Amine Drissi Boutaybi
    Amine Drissi Boutaybi
  • il y a 3 jours
  • 2 min de lecture

On croit souvent que le rapprochement entre le Maroc et Israël date des Accords d'Abraham. La vérité est plus ancienne, et plus belle.

Relation Maroc Israel

Quand on évoque l'amitié entre le Maroc et Israël, beaucoup la croient née en décembre 2020, le jour où le Royaume a officialisé ses liens avec l'État hébreu dans le cadre des Accords d'Abraham. C'est une erreur de perspective. Cette relation n'est pas née ce jour-là. Elle existait bien avant. Simplement, elle était discrète.


Discrète, mais réelle. Pendant des décennies, le Maroc a été l'un des rares pays à entretenir un dialogue silencieux avec Israël. Le roi Hassan II a joué un rôle de pont longtemps tenu secret, facilitant des contacts entre Israël et le monde arabe à une époque où nul n'osait le faire au grand jour. Dès le milieu des années 1990, un bureau de liaison reliait Rabat et Tel-Aviv, avant que les tensions régionales ne le referment. Le canal n'a jamais vraiment disparu : il s'est seulement fait plus prudent.


Et puis il y a les hommes et les femmes. Des centaines de milliers de Juifs d'origine marocaine vivent aujourd'hui en Israël. Ils ont quitté le Maroc, mais le Maroc ne les a jamais quittés. Ils en gardent la langue, les chants, la cuisine, le nom des villes et des saints. Beaucoup y reviennent en pèlerinage, le cœur serré, comme on rentre chez soi. Cette diaspora est, à elle seule, un fil tendu en permanence entre les deux pays. Aucune diplomatie n'a créé ce lien : il vivait déjà dans les familles.


Voilà pourquoi il faut le dire avec netteté : les Accords d'Abraham n'ont rien inventé. Ils ont mis de la lumière sur une amitié qui existait déjà, dans l'ombre, dans les mémoires, dans les cuisines et dans les cœurs. Ils ont transformé un secret de polichinelle en geste assumé. C'est précisément ce qui les rend si justes : ils n'ont pas fabriqué une fraternité, ils ont cessé d'en avoir honte.


Cette continuité tient à la nature même du Maroc. Depuis des siècles, le Royaume a su protéger ses Juifs et faire de la coexistence non pas un slogan, mais une manière d'être. La présence juive y est presque trois fois millénaire, et la monarchie en a longtemps été la gardienne. Ce que les Accords d'Abraham ont consacré au grand jour, le Maroc le pratiquait déjà à bas bruit : l'idée qu'un musulman et un juif peuvent se regarder en frères.


C'est pour cela que cette amitié n'a pas à être cachée, ni excusée. Elle n'est pas une faute à effacer ni une mode diplomatique passagère. C'est un héritage, et l'un des plus précieux que cette région ait à offrir au monde : la preuve vivante que des peuples que tout semblait opposer peuvent choisir, encore, de se tendre la main.


Pour aller plus loin

Vous voulez aller plus loin ? Mes livres se lisent, mes conférences se vivent, mes partenariats se construisent. Tout commence ici : pinktarbouche.com

SOUSCRIRE À LA NEWSLETTER LE CARNET DE PINK TARBOUCHE

Ma ligne directe : décryptages à chaud, coulisses de mon action, rendez-vous. Au calme, loin du bruit des réseaux.

bottom of page