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Non, je ne suis pas un agent du Mossad

  • Photo du rédacteur: Amine Drissi Boutaybi
    Amine Drissi Boutaybi
  • il y a 60 minutes
  • 3 min de lecture

Enfin pas encore !

Amine Drissi Boutaybi - Pink Tarbouche

Commençons par le plus flatteur des malentendus : non, je ne travaille pas pour le Mossad. Je le précise parce qu'on me le demande. Sérieusement.


Vous qui me suivez, vous m'avez sûrement déjà vu rangé dans une case, puis dans son exact contraire. Sioniste, paraît-il. Pas sioniste du tout, jure-t-on ailleurs. Antisioniste, même, ce que je ne suis pas davantage. À force, j'ai cessé de corriger. Je collectionne les étiquettes comme d'autres les décorations : avec un certain plaisir, et sans en porter aucune.


La vérité est plus simple, et moins romanesque. Je suis marocain. Musulman. Patriote, royaliste dans l'âme. Et je passe le plus clair de mon temps à raconter l'histoire des Juifs du Maroc, et ce lien rare entre mon pays et Israël.


Je devrais vous avouer quelque chose. Personne ne m'a confié cette mission. Je ne suis ni historien de métier, ni mandaté par qui que ce soit. J'ai grandi chez ma grand-mère, à cinquante mètres du Palais Royal de Casablanca. On ne m'a pas enseigné le royalisme, je l'ai respiré : il suffisait d'ouvrir la fenêtre. Et dans ce pays-là, la mémoire des Juifs du Maroc est partout, et nommée nulle part. Un jour, je n'ai plus pu faire comme si je ne la voyais pas.


J'ai appris l'oud avant d'apprendre à parler en public. Je crois que ça explique beaucoup. Avant la thèse, il y a l'accord. Avant l'argument, il y a la note juste. Cette histoire, je ne la défends pas comme un dossier, je l'accorde comme un instrument, parce qu'elle me traverse avant de me convaincre.


Pour beaucoup, tout cela ne devrait pas tenir ensemble. On voudrait que je choisisse un camp, que je rassure un bord ou l'autre. C'est précisément là que je déçois : pour moi, ça tient parfaitement. Mieux, c'est marocain. Mon pays a une vieille habitude que l'époque a oubliée : protéger ses Juifs au lieu de les renier. Des rois qui ont tenu bon quand l'Europe vacillait. Des saints vénérés par les musulmans et les juifs, gardés parfois par les mêmes familles, génération après génération.


Alors il m'arrive de prendre la route, seul, pour rejoindre une hiloula, un de ces pèlerinages où l'on ne pleure pas les justes, on les fête. À chaque fois, la même évidence me saisit : ce n'est pas du folklore, c'est un présent qui continue. Être patriote marocain n'est pas l'obstacle à cette histoire. C'en est la raison.


On me dit parfois que j'ai « une âme juive ». Je ne corrige pas non plus. Je crois surtout que j'ai une âme marocaine, et qu'au fond c'est la même chose, n'en déplaise à ceux qui voudraient les séparer.

Soyons honnêtes sur le prix à payer. Ce ne sont pas les commentaires haineux : ceux-là glissent, je les lis à peine, ils en disent plus sur leurs auteurs que sur moi. Le vrai prix est ailleurs. Porter cette parole à visage découvert, depuis le monde arabe, sur le Maroc et sur Israël, ça comporte des risques bien réels. Je les connais, je les pèse, et je les assume. C'est la seule contrepartie désagréable de ce que je fais, et je la paie sans regret, parce qu'une mémoire qu'on n'ose plus défendre est une mémoire qui meurt.


Je n'écris donc ni pour plaire ni pour provoquer. J'écris parce que cette histoire est la mienne, et qu'elle mérite mieux que les caricatures, les flatteuses comme les hostiles. On me rangera encore dans des cases. Qu'on essaie. Je n'y entre pas, et c'est, au fond, tout ce qu'il faut retenir de moi.


Le Mossad, lui, n'a toujours pas appelé.


Maintenant, si vous voulez avancer avec moi, voici précisément ce que je propose.

Trois livres, d'abord. Le Maroc en 150 Questions, pour comprendre le Royaume en profondeur. Les 43 Codes du Charme Marocain, sur cet art de séduire qui ne crie jamais. Et Le Maroc, ses Juifs et Israël, mon dernier, qui attaque de front le sujet le plus délicat de notre identité.


Des conférences et des soirées, ensuite, pour les institutions, les écoles et les cercles privés qui préfèrent vivre ce récit plutôt que le lire.


Du conseil et des partenariats, pour les marques, les maisons et les acteurs publics qui veulent porter cette intelligence culturelle, ce pont entre le Maroc, sa mémoire juive et Israël, et lui donner une vraie portée.


Et puis il y a ce que je construis vraiment, au-delà des livres : un média. Un lieu qui rassemble cette mémoire, ces figures, ce corridor entre deux mondes, et qui en fait une voix qui compte. C'est encore un commencement. Ceux qui veulent en être, le bâtir, le soutenir ou simplement l'accompagner, savent désormais où me trouver.


Vous voulez aller plus loin ? Mes livres se lisent, mes conférences se vivent, mes partenariats se construisent. Tout commence ici : pinktarbouche.com.


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