Ce que Pink Tarbouche m’a coûté. L’envers de ce que vous voyez.
- Amine Drissi Boutaybi

- il y a 3 heures
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Des millions de vues, trois livres, des institutions qui écrivent les premières. Voici ce qu’il y avait derrière, et que je n’ai jamais raconté.

Vous voyez les vues qui se comptent en millions. Les livres. Les institutions qui m'écrivent.
Vous ne voyez pas le reste. Aujourd’hui, dimanche, je vous montre le reste.
Mon premier compte, je l’ai construit pendant une année. Des dizaines de milliers de personnes me suivaient. Puis un jour, l’algorithme a décidé que mes positions dérangeaient. Pas de ban, pas de notification, pas de procès. Juste le silence : un compte vivant en apparence, mort en réalité. Un Ban.
Des années de travail éteintes sans qu’aucun humain n’ait à me le dire en face.
Ce jour-là, j’ai appris la règle qui gouverne tout ce que je construis depuis : ne jamais bâtir sur un terrain qu’on ne possède pas.
J’ai recommencé de zéro. Zéro abonné, zéro certitude, et cette voix intérieure que connaissent tous ceux qui ont tout perdu une fois : à quoi bon, si on peut te l’enlever encore ?
Voici ce que personne ne dit sur le fait de porter une mémoire : ça ne paie pas. Pas au début, pas pendant longtemps. Pendant que d’autres montaient en grade, je documentais des synagogues que plus personne ne visite. On m’a pris pour un fou. Parfois poliment. Souvent pas.
Il y a eu les nuits de doute. Et il y a eu le prix que personne ne voit : les amis. Beaucoup d’amis. Des gens que je croyais proches et qui ont disparu quand j’ai commencé à dire tout haut ce que je défends. Défendre le Maroc, son trône, sa mémoire juive, son choix de la paix, cela ne pardonne pas dans certains cercles. Chaque position m’a coûté des relations et m’a fabriqué des ennemis. Des vrais. Avec les menaces qui vont avec, parce qu’on ne défend pas ce que je défends sans recevoir ce que je reçois.
Tout ça pour défendre mon pays. Et je le referais demain matin.
Et pourtant je suis encore là. Pas parce que je suis plus fort que les autres. Parce que j’ai compris une chose la nuit où mon premier compte est mort : ce qu’on m’a enlevé, c’était l’audience. Ce qu’on n’a pas pu m’enlever, c’était la raison pour laquelle elle existait. La mémoire de deux mille ans ne dépend pas d’un algorithme. Moi non plus.
Alors j’ai tout rebâti. Plus grand. Sur mes terres cette fois : mes livres, mon site, ma lettre. Ce que vous voyez aujourd’hui n’est pas une réussite qui m’est arrivée. C’est une réussite que j’ai arrachée, deux fois.
Je ne raconte pas ça pour qu’on me plaigne. Je le raconte parce que quelqu’un qui lit ces lignes est en train de tout perdre, ou croit que c’est trop tard pour recommencer. Ce n’est pas trop tard. C’est le début de la partie où tu construis ce qu’on ne peut plus te prendre.
Chaque vendredi, une lettre. Une idée, une mémoire, une pièce du puzzle judéo-marocain. Si vous voulez recevoir la lettre du vendredi, c’est en bas. Mes livres se lisent, mes conférences se vivent, mes partenariats se construisent. Tout commence ici : pinktarbouche.com.


